CO129-169 - Others - 1874 — Page 95

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RAPPORT

fait au ministre de la marine et des colonies el au ministre de l'instruction publique, des culles et des beaux-arts, par M. L. Delaporte, lieutenant de vaisseau, sur la mission scienti- Aique aux ruines des monuments khmers de Paricien Cambodge.

Monsieur le ministre,

4 Avril 1843

de la marine, naturaliste, pris da colonie;

Faraut, conducteur des ponts et de sées, adjoint spécialement pour cursion aux ruines.

JOURNAL OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE des ruines de Ponteay Ka Ker, de Ponteay Pracan et de quelques autres situées à envi- ron 30 lieues au nord-est des lacs.

Avril 1874 L'intérêt toujours croissant qui s'attache à pays, aujourd'hui presque entièrement de protectorat de la France, me faisait dé- ter vivement de contribuer à mon tour à faircir ces questions. J'avais déjà pa visiter ec le regretté commandant de Lagrée les mes d'Angcor et quelques autres appartenant époque des Khmers. La vue de ces restes posants m'avait fait concevoir dès lors le sir d'enrichir notre musée national de quei- Noas amenians, en outre, trois maitres mes-unes de ces belles oeuvres artistiques,

e. J'allais me trouver enfin en position de liser ce projet.

M. le capitaine d'infanterie de marine Fi devait nous rejoindre plus tard et s'occupe spécialement des moulages de scalptures" de has reliefs.

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Après avoir remonté ce cours d'eau, pendant deux jours, nous parvinmes à un misérable ha meau situé sur l'emplacement de la ville de Compong Thom, détruite dans une guerre ci- vile récente, et là nous apprimes que nous ne trouverions dans le voisinage aucun centre de population assez important pour nous fournir les moyens de transport dont nous avions besoin.

était Stung, chef-lieu de la province du méme nom, également située sur les bords d'une grande rivière, et à proximité des ruines.

Fai l'honneur de vous rendre compte de la caniciens de marine pour nous assister daus ut il n'existe encore aucun spécimen en Eu- La seule ville possédant quelques ressources

mission que votre département n'avait chargé d'accomplir au Cambodge, dans le but de vi siter les antiques monuments khmers, et d'y recueillir, pour nos musées nationaux, une collection de statues, bas-reliefs, piliers et autres morceaux de scalptare et d'architec- ture présentant de l'intérêt au point de vue de Part et de l'archéologie.

I

Au mois d'avril 1873, M. le ministre de la marine décida qu'an voyage d'exploration 'se- rait entrepris au Tonking et me fit l'honneur de me nommer chef de cette mission.

Be voyage ne devant pas commencer avant le retour de la saison sècbe, c'est-à-dire avant to mois de novembre, je pensai à utiliser les six mois que nous allions passer d'abord en Cochinchine en faisant une excursion aux ruines klamare. J'en parlai à M. le contre- amiral Dupré, gouverneur de la colonio, qui voulut bien m'encourager dans ce projet et me promettre son concours.

Je m'adressai alors à M. le directeur des beaux-arts, près duquel je trouvai l'accueil le plus favorable, et, sur sa proposition, M. le ministre de l'instruction publique consentit à i ajouter à la subvention que sou département donnait déjà pour concourir à l'exploration du Tonking, une nouvelle somme de dix mille france prise sur les fonds des beaux-arts et destinée à me procurer les moyens de re- cueillir au milieu des ruines une collection qui serait plus tard envoyée en France par les bâtiments de l'Etat.

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Je pouvais aussi compter sur les res- sources de la colonie et sur le concours du personnel de la mission de Tonking, que M. le gouverneur m'avait promis de mettre égale- ment à ma disposition, pendant l'excursion aux monuments khmers. Enfin, la direction des beaux-arts voulut bien me confier un cer- tain nombre de statues, tableaux et gravures, pour offrir en cadeaux an roi et aux mandarins du Cambodge.

Le 20 mai, in mission d'exploration du Ton- king quittait la France. Cinq semaines plus tard nous atteignions la Cochinchine.

levés de plans et dessins d'architecture, Fa joignant les équipages de la chaloupe et de cavonnière, six mateiots et soldats français, si iniliciens annamites et trois interprètes, fet pédition comptait un effectif de soixante homComic

Dès notre arrivée à Saïgon nous nous occu- påmes activement d'organiser l'excursion pré- paratoire aux ruines, à laquelle nous ne pou- vions consacrer qu'un temps limité. M. le gouverneur donna des ordres pour faire armer une canonnière et une chainupe à vapeur qu'il mit à notre disposition pour toute la du- rée de ce premier voyage. Les préparatifs fu- rent rapidement achevés, le personnel com- plété, et au bout d'un mois nous pues partir pour le Cambodge.

La mission que je dirigeais se composait alors de:

MM. Bouillet, ingénieur hydrographe;

mes.

III

Trois jours après notre départ de Saigon, Quant au matériel, nous emportions en a

deux bâtiments mouillaient devant la ré- tirail complet de cries, palans, scies, lerk

fence du protectorat français, à Phnom pour la manoeuvre des pierres, du plâtre du ciment pour les monlages, et tous les 1, capitale du royaume actuel du Cam- ge. M. le lieutenant de vaisseau Moura, tres objets utiles que les arsenaux de ja në

présentant de la France près du roi, avait nis avaient pu nous fournir.

qu les instructions du gouverneur. Il nous raeilfit avec empressement et informa sur-

champ le roi de notre arrivée.

II

Les ruines khmers, que nous allions visi Le roi Norodon, malade des suites d'une jate de voiture, se fit excuser de ne pas re- sont disséminées sur un grand nombat points du territoire de l'ancien Cambos oir officiellement toute la mission; cepen- at il voulat bien m'accorder une audience compris entre le 10e et le 17° degré de late

rticulière. J'en profitai pour lui offrir une nord, et le 100 et le 105 degré de longis

tie des cadeaux donnés par la direction des est. Par leur nombre, leur importance s

Bux-arts, et je lui expliquai que notre Gou- perfection de leur exécution, elles dénon l'existence d'une civilisation puissante, denement venant lui demander l'autorisation prendre dans ses Etats des richesses artis- gue durée, et d'un art extrêmement re

ques auxquelles nous attachions du prix, lai quable.

Toyait en échange des objets d'art français. Le roi, me remerciant, me dit que les ordres rient donnés, et que nous trouverions dans Etais toutes les facilités possibles pour nos

En partie détruits par des guerres, al donnés depuis plusieurs siècles, prosques les monuments khmers sont aujourékai k le plus complet délabrement. Leurs m sont désertes, ignorées et souvent reded par les indigènes à qui elles inspirent wit reur superstitieuse. Partout une végéné puissante les envahit, et c'est la bache i main qu'il faut tenter de pénétrer jusqu'àd

aux.

Grâce au concours empressò de M. Moura,

pa púmes dès le lendemain nous mettre en te, munis de trois interprètes indigènes, et compagnés d'an mandarin de la cour por

de lettres du roi pour les mandarins avec quels nous devions nous trouver en rela-

pendant nos excursions.

tes.

Le premier Earopéen qui les ait signalét nos jours fut Henri Mouhot, naturaliste gais, mort peu de temps après en cont

Au bout d'une journée, l'expédition attei- sa périlleusse exploration de l'Indo-Obine,

L'année suivante, le commandant Dit l'entrée des lacs. A partir de là, notre de Lagrée, alors résident français au Cambage devenait un véritable voyage de décou- visita de nouveau les ruines de Battambu

One grande partie du Cambodge est encore d'Angcor, vues par Mouhot, en décomh

xplorée et les notions géographiques que nouvelles, les étudia et s'efforça de rasse

possédons sur ce pays sout fort incom. les documents indigènes capables de ser

Jes. M. Moura avait bien voulu nous com→ reconstituer leur histoire. Les travaux da

iquer une carte qu'il avait récemment dres- mandant de Lagrée furent publiés dans la

après ses itinéraires particuliers et les ren- lation du voyage d'exploration de Me

faments qu'il avait recueillis près des indi- Ces nouvelles indications me permirent fixer ainsi le plan de notre excursion : Joas allions explorer d'abord les nombreu- Pet importantes ruines des provinces cam- Banos de Compong Soai, de Stang et de ereng; de là, nous nous rendrions à Ang- Tom, à Augcor Wat et aux envisons; 'il nous en restait le temps, nens irions anaitre d'autres antiquités klimers signa- dans le nord, et nous ferions à notre re- une coute excursion aux ruines de la

ce de Battambang.

parue en 1873.

Le docteur allemand Bastian vint à À après M. de Lagrée, et il émit sur l'aison ce pays des idées qui laissent la question incertaine, Enfin, M. F. Garnier, dans la re ci-dessus indiquée, chercha aussi, lui, val rapprochements tirés des histoires des pa circonvoisins, à retrouver les origines p de cet ancien peuple kamer dont les me leux ouvrages attestent seuls l'existence.

La science ne sera vraisemblablemes sur ces différents points que le jour aura pu déchiffrer les nombreuses inscri disséminées sur les ruines. Ces inscrip dont les plus récentes sont écrites en res semblables à ceux de l'écriture c gienne moderne, ne sont cependant p prises par les lettres les plus savants de bodge et de Siam, et, jusqu'à ce jour, lif le docteur Harmand, médecin de classe impossible de s'en procurer aucune trade

Ratte, iugénieur civil, géologue;

le doctear Jullion, naturaliste, envoyé par le Muséum; tous trois venus de France avec moi;

premier but à atteindre était de nous ap- er le plus près possible des monaments eu ntant les cours d'eau, aún d'éviter les trans- par terre, difficiles en toute saison, et tout praticabies pendant les pluies. Pour cela dous ongageâmes dans le Stung-Sen, ri- par laquelle j'espérais arriver à proximité

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connu des Européens et appelé par les indigènes Preasat Prathcol. Catte découverte était pré- cieuse, car la grande tour qui occupe le centre de cet édifice et qui en constitue la partie principale, est une des avres les plus remar- quables de l'architecture khmer.

Le cadre restreint dans lequel je dois me renfermer ici ne me permet pas de donner la description complète des raines visitées et des objets recueillis pendant le cours de notre voyage. Je ne saurais, d'ailleurs, faire en tra- vail avec fruit avant d'avoir reçu de nombreux détails complémentaires qui me seront plus tard envoyés de Cochinchine. Toutefois, j'es- sayerai de noter en quelques lignes les traits les plus saillants de la remarquable tour de Prathcol à laquelle nous sommes arrivés.

Muni de ces nouveaux renseignements, j'en voyai prévenir le Thoméa Dechu, haut fone-

Prensat Pratheol consiste en une enceinte tionnaire alors en mission à Stang, de votre prochaine arrivée, et comme M. l'ingénieur rectangulaire avec portes monumentales or- Bouillet avait commencé un levé du cours de nées de statues de géants et de grands lions. la rivière, je prolongeai notre halte de deux La porte de la face orientale, plus importante jours. Ce retard nous permit de faire une iu-

que les autres, fait partie d'un édicale complet. téressante excursion à Phnom Soutuc, Le som- Elle est précédée d'une chausséc garnie de met de cette colline est garni de gigantesques balustrades formées par de longs dragons à statues de Bouddha, dont plusieurs sont resept têtes ou de sras ou grands bassins à mar- marquables, et de divers monuments sculptés clies de pierre. sur le rocher,

An centre de l'enceinte et à l'extrémité d'une allée intérieure qui fait suite à la chans- sée de l'est, s'élève une haute tour. Sa base est en forme de croix grecque avec quatre portes préchdées de piliers formant péristyles et supportant des entablements surmontés de frontons avec tympans couverts de bas-reliefs.

Doux jours après notre départ de Compong Thom, nous nous engageâmes de nouveau dans un des nombreux cours d'eau tributaires dos lacs. Au bout de trois heures de naviga- tion, une grande porcée parát daus la forêt; la rivière se dégagua, et par un beau canal de cent metres de largeur, nous pénétrámes d'une fa- con tout à fait inattendue dans un lac inconnu jusqu'à ce jour. Une barque chinoise que nous rencontrâmes nous apprit que le Thomea Dechu nons attendait à Stang et nous donna ficile par laquelle nous devons nous y rendre. un pilote pour nous diriger dans la rivière dif

Deux longues journées d'une navigation ex- trêmement pénible nous conduisirent à un pauvre hameau près duquel nous laisâmes la canonnière.

Nous nous embarquâmes avec notro mate- riel de campagne à bord de la chaloupe, et au bout de quelques heures nous atteignimes en- fin la ville de Stung.

Le Thomea Dechu nous reçut avec les dé-, monstrations les plus amicales et nous lui fimes quelques cadeaux. D'après ses conseils, nous nous décidámes à quittor la rivière et å continuer notre route par terre; et comme les chars dont nous avions besoin avaient élé déjà réunis par ses soins, nous pûmes partir dès le lendemain.

Ce qui reste de la tour en partie détruite est couvert de sculptures fines, élégantes, et dont l'assemblage ornant le monument sans rompre ses lignes principales, est d'un remarquable effet décoratif.

Le long du soubassemont règne un, ciego, de statues à genoux, les mains jointes. Ply haut, chaque pilastre est orné d'une femm demi-que tenant une fleur à la main et debør! dans une sorte de niche ogivale qu'entour de fines arabesques. Sur chacune des surfad courbes qui s'étendent d'une porte à l'aute on voit, à droite et à gauche, deux gro symétriques cumposés de saints et de t rines de dansenses, et au milien truis l'éléphants qui semblent sortir de la murd lours trompes, gracieusement recrui bées, je, roulent autour de lines et de branches chp * gées de feuillages.

Le sommet de ces têtes supporte un esta- blement orné de moulures sculptées et faisan le tour du monument en reposant aussi su les chapiteaux des pilastres des portes et des Après avoir marché pendant quatre jours, piliers des péristyles. Un énorme oiseau krout parfois au milieu de rivières et de plaines à corps de femine, la tête couverte d'un dia inondées, le plus souvent en forêt, sans rou- dème et les ailes déployées, se dresse an des- tes tracées, nous atteignîmes le petit village de

sus de l'éléphant du milieu entre seg pattus. Pracan, situé au milieu d'un groupe de ruines, dans lequel nous allions pouvoir commencer parait un munstre et le long de ses ailes pent das dragons à plusieurs tètes. Do re nos opérations. La mission s'installa dans un

relevés en cariatide, il soutient un entabl grand campement construit près du village, et

nouveau. Trois oiseaux fantastiques e Thomea Dechu s'occupaient à grand'peino do etage supérieur, et plus haut, le s pendant que les mandarins envoyés par le

au-dessus du krout portent Fentable réunir dans ce pays presque désert les indigè- nes qui nous étaient nécessaires, nous en- treprimes la reconnaissance préparatoire des ruines.

IV

PONTEAY PRAGAN. PREASAT PRATHCOL.

PREASAT PREA. TOMREY,

la tour aujourd'hui ruinée se termi tre autres étages en retrait succe lastres, entablements et frontor sculptés sur les quatre faces princ dans les monuments khmers de que.

Des nombreusos statues, des dragons qui ornaient Pressat Pr Notre première visite fut pour la grande et reste plus que des débris enfouis so belle résidence de Ponteay Pracan, déjà ex-

tritus de la forêt nous avons c plorée par le commandant de Lagrée. Nous vi- réussi à extraire d'une fouille faite sitames ensuite un monument jusqu'alors in-porte de l'Est, une remarquable statue à.

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